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MÉDECINE / ANATOMIE / PHYSIOLOGIE

 

Peu d'élèves sortent de leur cursus scolaire en étant capables de citer plus d'une scientifique. Ce constat n'est pas étonnant étant donné que très peu de figures féminines ayant contribué à l'histoire des sciences sont présentées dans les manuels scolaires ou dans nos activités.

Pour se donner les moyens de rétablir la véritable histoire des sciences de la vie et de la Terre, pour que toutes et tous puissent se reconnaître et s’identifier dans ces héros et héroïnes culturel⋅le⋅s qui se sont succédé au cours du temps, voici quelques notices biographiques qui devraient pouvoir trouver place dans nos enseignements.

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Virginia Apgar (1909-1974) 

 

Médecin anesthésiste américaine, spécialiste de néonatologie, Virginia Apgar est à l'origine du score d'Apgar, qui permet d'évaluer l'état général du bébé à la naissance.
Elle voulait initialement devenir chirurgienne, mais cette spécialité lui est déconseillée du fait des faibles perspectives de carrière qu'elle ouvre. Elle se tourne alors vers la spécialité d'anesthésiste. Rapidement, elle prend conscience que la mortalité infantile pourrait diminuer de manière relativement simple en se préoccupant davantage et de manière plus rigoureuse et méthodique de l'état de santé du nouveau-né tout juste après sa naissance. C'est ce qui l'amène à mettre au point puis à publier l'année suivante, en 1953, une méthode simple permettant de juger de l'état d'un nouveau-né sur la base de 5 critères, aujourd'hui connue sous le nom de score d'Apgar. En 1963, le rétroacronyme APGAR est en effet créé en son honneur, et ce dans de nombreuses langues (anglais, espagnol, français, etc.), pour rendre hommage à sa créatrice :
– A : apparence (coloration du bébé)
– P : pouls
– G : grimace (réponse réflexe aux stimuli)
– A : activité (tonus musculaire)
– R : respiration
Ce test, réalisé 1 puis 5 min après la naissance (et répété si nécessaire plusieurs fois ensuite), aboutit à un score dont la mesure est comprise entre 0 (état de mort apparent) et 10 (état optimal apparent), qui permet d'évaluer l'état général du bébé.
Aujourd'hui encore ce test d’évaluation et de diagnostic néonatal, dont la force tient notamment à sa grande simplicité, est le plus utilisé dans le monde. Il a permis de réduire notablement la mortalité infantile.
C'est également grâce à lui que Virginia Apgar a pu étudier le lien entre l'état du nouveau-né et certaines pratiques cliniques lors de l'accouchement, ou encore l’utilisation de divers anesthésiants comme le problématique cyclopropane. Elle a ainsi contribué à améliorer les pratiques obstétriques.
À partir de 1959, elle s'investit dans le domaine de la prévention des maladies congénitales, notamment par l'éducation et la collecte de fonds. Par l'ensemble de ses travaux, Virginia Apgar est devenue une figure incontournable de la néonatologie, spécialité créée au cours de sa carrière.

Pour en savoir plus
– [fr] Katherina Brandt, Ludwig Brandt (traduction Josianne Bodart Senn), "Virginia Apgar, centenaire", sage-femme.ch, mai 2009 (consulté le 06/11/2015).
 [en] Biography, Dr Virginia Apgar, nlm.nih.org (consulté le 06/11/2015).

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Niveau   Thème   Extrait du B.O.
         

 

 

Angélique du Coudray (1712-1792)

 

Angélique du Coudray, de son nom complet Marguerite-Angélique Le Boursier du Coudray, est une sage-femme née en Auvergne. Choquée par les mauvaises pratiques de l'époque, elle décide de former les femmes qui s'occupent des accouchements dans les campagnes. Pour transmettre ses connaissances, elle met au point des mannequins obstétriques en tissu et une méthode de formation qui permettent d'instruire les sages-femmes des milieux ruraux, pour les aider à anticiper et à bien réagir aux cas de grossesses à risque.

Reconnue et soutenue par l'administration royale, elle entame en 1759 un tour de France durant lequel elle formera, en 25 ans, près de 5 000 accoucheuses, ainsi que d'autres personnes qui poursuivront son enseignement. La même année, elle publie un premier ouvrage, Abrégé de l'art des accouchements. À sa mort, son principal défi a été relevé, la mortalité infantile marquant un net recul.

Pour en savoir plus
– [fr] La "machine" de Mme du Coudray, page du musée du musée Flaubert et d'histoire de la médecine de Rouen, exposant un mannequin d'époque.
– [fr]  Jacques Petitcolas, Le mannequin de Mme du Coudray, ou comment former les accoucheuses au XVIIIe siècle, La revue du praticien, 2006: 56.

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Niveau   Thème   Extrait du B.O.
Cycle 4        

 

Florence Nightingale (1820-1910)

 

Infirmière britannique du XIXe siècle, Florence Nightingale révolutionne et perfectionne la formation des infirmiers, donnant ainsi un statut d'importance à cette profession dans la hiérarchie médicale. Elle va jusqu’à créer sa propre école d'infirmerie et ses élèves sont ensuite envoyées dans tous les hôpitaux d'Angleterre. Elle se distinguera particulièrement lors de la guerre de Crimée en dirigeant des équipes infirmières près des lignes de front.

Pour en savoir plus
– [fr] Florence Nightingale, personnage emblématique, Santé Mentale.
– [en] Florence Nightingale: Saving lives with statistics.
– [en] The Florence Nightingale Museum.

PROGRAMME EN RELATION
Niveau   Thème   Extrait du B.O.
1re S        
1re ES/L      

Cycle 4      

 

Margaret Higgins Sanger (1879-1966)

 

Infirmière et sage-femme états-unienne, militante anarchiste, Margaret Sanger est à l’origine du Planning familial et a permis la création de la première pilule contraceptive.

Elle s’investit dans la diffusion d’informations sur le contrôle des naissances, fonde le journal The Women Rebel, The Birth Control Review, écrit des ouvrages, et ce alors que la loi l’interdit.

En 1916 elle ouvre le tout premier centre de planification familiale des États-Unis, fermé à peine 10 jours plus tard. Loin de se décourager, elle rouvre le centre et importe – illégalement – des diaphragmes d’Europe. Elle sera emprisonnée à 8 reprises au cours de sa vie pour ses activités.

En 1921, elle fonde le National Birth Control League – qui deviendra le Planning familial. Elle met alors toute son énergie à faire en sorte que soit développé un moyen de contraception efficace et accessible à toutes, convainc Gregory Pincus d’entamer des recherches en ce sens, et lui trouve une financeuse. C’est grâce à ces travaux qu’en 1956 la première pilule œstro-progestative est mise au point.

Au-delà de cet apport de première importance au sein du mouvement pour les droits des femmes, Margaret Sanger est une figure historique pour le moins contradictoire et controversée de par ses prises des position fortes en faveur d’un eugénisme classiste, raciste et validiste.

Pour en savoir plus
– [fr] Article « Sanger, Margaret (née Higgins) », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Le Dictionnaire universel des créatrices, Paris : Éditions des Femmes, 2013, p. 3845.
– [en] Sa page wikipedia
– [fr] Margaret Sanger, infirmière fondatrice du planning familial, 8mars.info (consulté le 19 juin 2016).

PROGRAMME EN RELATION
Niveau   Thème   Extrait du B.O.
1re S   Thème 3A : Féminin, masculin   Notion de contraception
« Argumenter, débattre sur des problèmes éthiques posés par certaines pratiques médicales. »
1re ES/L   Féminin, masculin    « Replacer dans le temps et dans la société la chronologie de l'apparition des méthodes de régulation des naissances. »
Cycle 4       Notion de contraception

Brenda Milner (1918)

 

Neuropsychologue anglo-canadienne, Brenda Milner est à l’origine de la découverte de l’importance du rôle de l’hippocampe dans les processus de mémorisation, notamment ceux liés à la connaissance (mémoire déclarative).

En travaillant avec des patients – et en particulier le patient HM qu'elle va suivre pendant 30 ans – Milner a mis en évidence, par des tests conçus par elle-même, le fait qu'il existe différents types de mémoire, notamment déclarative et procédurale, ne se formant pas au même endroit dans le cerveau, et par conséquent, qu’une personne amnésique peut garder la faculté d’apprendre et de se perfectionner sans pour autant avoir le souvenir d’avoir appris.

Son parcours de formation commence en 1936 à l’université de Cambridge par l’étude des mathématiques, qu’elle abandonne au profit de la psychologie, matière pourtant peu connue à l’époque.

Considérée par certain·e·s comme la fondatrice de la neuropsychologie, elle obtient son doctorat au Canada à l’université McGill où elle continue d’exercer aujourd’hui.

Pour en savoir plus
– [en] Site de l’université d’Alberta (Canada), « Dr. Brenda Milner » (consulté le 22 mars 2017).
– [en] Site de l’université McGill (Canada) sur les pionniers de McGill : « Dr. Brenda Milner » (consulté le 22 mars 2017).
– [fr]  Florence Piron, « Brenda Milner, neuropsychologue », Femmes savantes, femmes de science (consulté le 24 mars 2017)
– [en] Site du NCBI : « Understand the human brain : A lifetime of dedicated pursuit », interview with Dr. Brenda Milner [« Comprendre le cerveau humain : la poursuite d’une vie entière », entretien avec la Dre Brenda Milner] (consulté le 22 mars 2017).

PROGRAMME EN RELATION
Niveau   Thème   Extrait du B.O.
1re S   Thème 3C : De l’œil au cerveau : quelques aspects de la vision
Cerveau et vision : aires cérébrales et plasticité 
  « La mémoire nécessaire par exemple à la reconnaissance d’un visage ou d’un mot repose sur la plasticité du cerveau. L’apprentissage repose sur la plasticité cérébrale. Il nécessite la sollicitation répétée des mêmes circuits neuroniques.  »
Tle S   Thème 3B-3 : Motricité et plasticité cérébrale   « Le système nerveux central peut récupérer ses fonctions après une lésion limitée. La plasticité des zones motrices explique cette propriété. La comparaison des cartes motrices de plusieurs individus montre des différences importantes. Loin d'être innées, ces différences s’acquièrent au cours du développement, de l’apprentissage des gestes et de l’entraînement. Cette plasticité cérébrale explique aussi les capacités de récupération du cerveau après la perte de fonction accidentelle d’une petite partie du cortex moteur. Les capacités de remaniements se réduisent tout au long de la vie, de même que le nombre de cellules nerveuses. C’est donc un capital à préserver et entretenir. »